Avec la sortie de Yakuza 6 au Japon ce mois-ci, j’ai voulu consacrer un article sur cette licence, créée par l’iconique Toshihiro Nagoshi et son Ryu ga Gotoku Studio, fondé de membres-clés de feu SEGA-AM4, et dont je suis un énorme fan.
Yakuza et Shenmue
Avant de commencer, je vais couper court tout de suite à la légende urbaine que j’ai lu/entendu pas mal de fois : non SEGA n’a pas « tué » Shenmue pour produire Yakuza à la place.
Soyons clair, le développement a commencé plusieurs années après, et si cela avait été le cas ils auraient certainement réutilisé le travail titanesque de Shenmue pour le produire. Or Yakuza 1 et 2 utilisent un moteur et des outils totalement différents, et entre nous bien loin d’égaler le niveau technologique de Shenmue. Il n’y a bien qu’un savoir-faire qui a pu se transmettre avec le passage de développeurs d’un projet à l’autre.
Entre autres, Nagoshi lui-même était superviseur sur Shenmue, après avoir conçu Daytona USA. Et enfin, le premier opus a eu un coût de production deux fois moins élevé que le premier Shenmue.
Nagoshi est aujourd’hui chief creative officer (CCO) au sein de SEGA, rôle créatif le plus élevé au sein d’une entreprise, en plus de celui de directeur de son Ryû ga Gotoku Studio. Enfin il fait partie du board de Atlus, créateur de la série Shin Megami Tensei/Persona.
Il est très probable que tout les projets de la société doivent désormais avoir son approbation avant d’entrer en production.
De plus c’est quelqu’un de très ouvert et a une très bonne vision de l’industrie du jeu vidéo aujourd’hui, ainsi que la situation dans laquelle se trouve la japonaise part rapport à l’occident.
Alors pourquoi Yakuza est-il si populaire au Japon, là où Shenmue n’a pas vraiment déchaîné les foules ? Simplement car il se passe dans un Japon contemporain, et qu’il est basé sur une histoire de.. yakuza. Celle-ci a été écrite par un célèbre écrivain de romans policiers yakuza, Hase Seishū. Cela ne veut pas dire que les japonais n’affectionnent pas les années 80, théâtre de Shenmue. Loin de là. Cette période est même très ancrée dans le conscient collectif japonais, du moins autant qu’en occident j’imagine, en raison de la bulle économique. Le succès du récent Yakuza 0 qui se déroule sur la même période et qui met en avant l’argent qui coulait à flot, l’a bien prouvé un fois de plus en tant que média de divertissement. La différence est l’image que font passer les 2 licences.
Les années 80 selon Nagoshi : Argent, Sex, Disco.
D’un côté Shenmue et son histoire mystique, qui se déroule dans un petit coin tranquille, reculé de la grande ville, et qui n’a pas énormément changé en 30 ans (ça fait mal hein ?).
De l’autre Yakuza, son histoire mafieuse sombre, prenant place en 2005, dans l’effervescence de la mégalopole japonaise, et tout ce qui en découle de son fameux quartier de Kabukichō à Shinjuku, centre de tous les loisirs « pour adultes ». Quartier largement contrôlé et entretenu par la pègre, mais que je vous suggère de visiter de nuit si un jour vous allez à Tokyo. C’est ce combo gagnant qui fait toute l’originalité de cette licence.
Dobuita (à gauche) La porte de Kabukichō (à droite)
Paradoxalement, j’ai l’impression que Shenmue II montre beaucoup plus ce qu’était la société chinoise dans les 80’s, elle aussi en pleine révolution économique, mais en plein bouleversement dû à son évolution rapide. Et je pense que c’est ici que toute la corrélation entre ces deux titres se remarque.
Shenmue premier du nom, plonge le joueur dans une histoire où, un jour, dans une province qui n’a jamais connu de trouble, se retrouve face à un assassinat au fond étrange (Même la police ne fut pas au courant. 🙂 ). Cette histoire mystérieuse a pour cadre un coin majoritairement résidentiel avec une petite rue commerçante qui suffit à la vie quotidienne de chacun. Pour nous occidentaux, on trouve ça à la fois ressemblant, mais aussi dépaysant de par les architectures. Pour les japonais, cela doit être tellement quelconque que ça en est secondaire. Et c’est justement ce qui était voulu je suppose. Les décors et ce qu’ils contiennent sont là pour encadrer le scénario, il en est presque secondaire. Et puis dans Shenmue II, le héros arrive dans un monde qui lui est totalement inconnu et inhabituel, et lui réservant plein de surprises. D’un coup ce n’est plus l’histoire qui porte le jeu, mais l’environnement qui va piloter tout ça. C’est exactement là-dessus que se base Yakuza. Kabukichō, et Dōtonbori (quartier similaire à Osaka), sont tellement mythiques, qu’ils vont tout apporter : l’omniprésence des yakuzas, les divertissements pour adultes, l’ivresse que tout cela génère.
Au même titre que l’étude et le travail qu’ont représenté de reproduire et rendre vivant un Hong Kong tel qu’il était, l’équipe de Nagoshi a pris soin de tous les détails pour donner l’impression au joueur d’y être. Une personne intéressée par Tokyo, et dans une certaine mesure, à la culture japonaise va presque pouvoir le vivre par procuration. Une autre y étant déjà allé va ressentir de nouveau tout ce qu’il a vécu. Certes, ces 2 quartiers ne sont pas « Le Japon » d’aujourd’hui, juste l’apothéose de ce qu’a généré cette société. D’ailleurs, dans le 5ème opus de la série, Yakuza 5, le joueur va voyager dans plusieurs villes du pays, toutes typiques et aux atmosphères uniques :
Fukuoka, sur l’ile Kyūshū, au sud du Japon, dont la chaleur étouffante transperce tellement l’écran que n’importe quelle personne ayant vécu là-bas en plein été aura l’impression de ressentir à nouveau cette sensation.
Sapporo, située sur l’île d’Hokkaidō, au nord du Japon, célèbre pour son festival en février où l’on peut voir des statues de neige, fidèlement reproduit dans le jeu.

Nagoya, autre grande ville du Japon, qui représente finalement un quartier assez basique que l’on peut aussi voir à Tokyo, Osaka ou autres grandes villes. Hiroshima et ses quartiers peu modernes, est modélisé dans Yakuza 6. Je ne peux pas en dire plus car je ne l’ai pas encore fait 🙂
Et le scénario dans tout ça ?
Les fameux films de yakuza, je pense que beaucoup d’entre vous ont vu au moins un film du grand Takeshi Kitano. Qui d’ailleurs sera présent dans ce 6ème opus, hé, la classe. Pour bien comprendre l’univers du jeu, il faut d’abord bien comprendre ce que sont les yakuzas modernes. D’après ce qu’on peut apprendre dans les encyclopédies, ils seraient les descendants des Bakutos, qui contrôlaient les établissements de jeux de hasard à partir de l’ère Edo (ce qui est toujours relativement le cas aujourd’hui d’ailleurs). Ainsi que les Tekiya, les colporteurs de marchandises. Il semblerait également, et c’est un point très important pour comprendre le fonctionnement de cette mafia, qu’il y ait un héritage fort des derniers samuraïs, du moins ceux qui ont mal tourné durant la démilitarisation du pays vers 1600.
C’est cette organisation qui persiste aujourd’hui dans les clans et familles, qui génère des conflits d’intérêts, et qui est très mise en avant aussi bien dans les films que dans le jeu. Mais la chose moins commune dans les films, et qui passionne les japonais, ce sont les « gentils » yakuzas. Le héros de la série, Kiryū Kazuma, représente exactement cela. Il semblerait que ce soit devenu plus rare aujourd’hui, mais ce ne sont pas seulement des groupes qui vivent sur les jeux d’argent, le trafic de drogue, la prostitution et j’en passe. Il y a un temps où les yakuzas étaient aussi parfaitement respectueux des citoyens, aidaient à maintenir l’ordre dans le pays. Sans rentrer dans les détails, c’est l’un des facteurs qui fait que c’est un des pays les plus sûrs du monde. Un exemple récent de cette volonté concerne les actions et la réactivité qu’ils ont eue lors du séisme de 2011. Pendant que les politiciens réfléchissaient pendant plusieurs jours sur les actions à prendre, les yakuzas étaient déjà sur place pour aider les victimes, distribuant vivres et autres. Evidemment ils ne font pas ça par pure charité, ils y ont quelque chose à y gagner en retour d’une manière ou d’un autre, et c’est là-dessus qu’est basé tout le fonctionnement de cette mafia.
Pour en revenir au jeu, le scénario du premier Yakuza prend place en 1995 à Kamurochō, réplique fictive de Kabukichō. Kiryū Kazuma qui va monter sa propre « famille », son meilleur ami Akira Nishiki, Miko sa sœur, et ainsi que Yumi Sawamura, tous élevés dans le même orphelinat, ont l’habitude se retrouver fréquemment dans un bar nommé le Serena, tenu par une amie à eux. Petite histoire d’amour oblige, Kiryū et Nishiki ont toujours été secrètement amoureux de Yumi. Un soir tout va basculer, Yumi se fait violer par Dōjima, Oyabun (chef de clan) de la famille Dōjima. Quand Kiryū arrive sur les lieux, il voit Nishiki, un revolver à la main, le cadavre de Dōjima ainsi que Yumi en état de choc. Dans son infini amabilité, Kiryū force son ami à s’enfuir avec Yumi avant que la police n’arrive et prend la responsabilité du meurtre, et surtout le déshonneur de toute la famille.
Sans rentrer plus dans les détails, car ça va beaucoup plus loin, Fuma à tout juste le temps d’apprendre à Kiryū que les disparitions de Yumi et de l’argent sont liées, sans pouvoir en dire plus. Pendant son investigation pour retrouver Yumi, Kiryū va se retrouver dans un pub où un massacre a eu lieu peu avant, et va y trouver une petite fille de 9 ans, terrorisée, nommée Haruka, possédant un pendentif de sa mère nommée Mizuki et qui ressemble énormément à Yumi. Qui est cette femme ? Peut-être la sœur cachée de Yumi ? Etant son unique piste, Kazuma décide de la recueillir et la protéger.
Je ne vais pas aller plus loin, si cela semble vous plaire, je ne peux que vous conseiller de vous procurer le jeu PS2. Malheureusement, le remake sorti cette année ne s’adressera qu’à ceux maitrisant la langue japonaise, ou dans une certaine mesure, connaissent déjà l’original.
Et bonne nouvelle, Yakuza Kiwami vient d’être confirmé en occident alors que je finalise cet article !
Les opus suivants vont être tout aussi passionnants, tous traitant d’un sujet particulier.
Le deuxième, Yakuza 2, suite directe du premier, va mettre en scène un nouveau personnage principal, une jeune policière qui hait les yakuzas, mais qui va devoir s’allier à Kazuma.
Le troisième, Yakuza 3, se déroulant plus tard, Kazuma s’est retiré de sa famille et mis de côté toute cette vie pour ouvrir un orphelinat à Okinawa, dans lequel il va élever des enfants, ainsi que la jeune Haruka, qui à partir de ce moment, va devenir en quelque sorte sa fille adoptive, et qu’elle appelle « oncle ».
Le quatrième, Yakuza 4, sous-titré « Densetsu wo Tsugumono » (伝説を継ぐもの), littéralement « Successeur de la Légende », va pour la première fois mettre en scène plusieurs protagonistes jouable, tous d’horizon différents, et dont les histoires vont se rejoindre à l’issue du scénario, pour un final explosif.
Le cinquième, Yakuza 5, sous-titré « Yume Kanaeshi Mono » (夢、叶えし者), littéralement « Celui qui réalise ses rêves », qui pour moi est le meilleur avec le premier, reprend le principe de plusieurs personnages jouables, et va traiter de la volonté que l’on peut avoir de faire des sacrifices, afin de réaliser son rêve. Il aborde également un sujet intéressant. L’implication de la mafia dans l’industrie du show business, qui va chambouler Haruka alors qu’elle commence une nouvelle vie d’idole chanteuse, après avoir laissé derrière elle son passé.
Enfin, le sixième, Yakuza 6, opus final de la saga de Kiryu, sous-titré « Inochi no Uta » (命の詩。), littéralement « Poème de la vie ». Difficile de présenter celui-ci sans spoiler le cliffhanger de fin du 5. Pour faire succinct, Haruka va avoir un accident et disparaitre pendant une absence de Kiryu, et celle-ci va laisser derrière elle un bébé portant son nom de famille. Kiryu étant mis au courant à son retour, va décider de s’occuper de lui et partir enquêter à Hiroshima sur ce qui est arrivée à sa « fille adoptive », et également qui est le père de cet enfant.
Les autres opus vont être des spins offs.
Yakuza zéro, sous-titré « Chikai no Basho » (誓いの場所), littéralement « Le Lieu du Serment ». Comme son nom l’indique, se déroule avant l’original et où l’on découvre les débuts des personnages principaux dans la pègre. Majima et Kiryu vont se retrouver mêler à une sombre histoire tournant autour d’une jeune kinésithérapeute aveugle recherchée malgré elle par les yakuzas. Mais aussi, comme je le disais précédemment, toute la folie des années 80. Mention spéciale aux ennemis qui font gicler de l’argent, à défaut de sang, quand on les tabasse. Un véritable voyage dans le temps déliant.
Yakuza Kenzan, mettant en scène le légendaire Miyamoto Musashi, ayant les traits de Kazuma, ainsi que d’autres personnages principaux incarnant des rôles différents, l’aventure se déroulant à Gion, un district de Kyoto et ses environs.
Yakuza Ishin, se déroulant à la fin de la période Edo, vers 1850, alors que les échanges commerciaux avec les occidentaux ont amené entre autres la poudre à canon, va orchestrer les célèbres Shinsengumi. Véritables héros pour les japonais.
Yakuza Of the End, ou Dead Souls en occident, épisode WTF avec une apocalypse de zombies dans Tokyo. Il devait marquer la fin d’un cycle avec l’ancien moteur PS3.
Il est tout de même intéressant de noter un point important, contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas « GTA à Tokyo ». La mort est un sujet sensible, toujours soigneusement mise en scène. Jamais on ne va tuer quelqu’un gratuitement comme ça en l’agressant dans la rue.
Un petit mot également sur les missions secondaires.
Chaque opus contient une liste de missions secondaires, suivant parfois une trame scénaristique secondaire, et ici nous avons à faire à tout le paroxysme de la série, des histoires complètement WTF et souvent très osées. Ce côté décalé, humoristique et ironique participe énormément à la popularité de la série.
Les personnages
Ce qui fait aussi sa popularité est aussi incontestablement sa galerie de personnages. D’ailleurs, le personnage le plus apprécié des fans n’est pas le héros, mais son ami et rival, Majima Gorō, avec qui il entretient des liens particuliers depuis le jour où il l’a affronté la première fois, alors que Majima venait de kidnapper la petite Haruka. Après sa défaite, Majima empêchera Kiryu d’être poignardé par l’un de ses sbires, en disant que personne ne tuera Kiryu si ce n’est lui-même.
Le troisième personnage le plus célèbre est certainement Haruka, petite fille aillant perdu sa mère alors qu’elle était très jeune, n’a probablement jamais connu son père, et se retrouvant mêlée à des histoires sordides de mafieux.
Elle va ensuite être en quelque sorte adoptée par Kiryu qui va s’efforcer de l’élever dans l’orphelinat qu’il va monter à Okinawa après s’être retiré de sa vie de yakuza.
Personnellement c’est un personnage féminin de jeu vidéo que je trouve très intéressant et que j’aime beaucoup car elle est très courageuse, va connaitre une enfance très difficile, et finalement réussir à réaliser son rêve quelques années plus tard.
Impossible de ne pas parler aussi de Jo Amon, personnage mystérieux récurent, assassin du clan Amon. Il est possible de l’affronter quand toutes les missions secondaires et Another drama, sont complétés. C’est le boss le plus compliqué du jeu, véritable challenge pour les plus aguerris en mode ex-hard ou légende.
Dans Yakuza 5, on fait également la rencontre de Noa Amon, fille de Jo. Celle-ci va être la rivale féroce mais loyale de Haruka en tant qu’idole, et la song battle la plus difficile du jeu.
On apprend par ailleurs qu’une règle du clan Amon veut qu’on ne se mesure qu’à un adversaire semblable à soi.
Plutôt que d’écrire un pavé pour chaque personnage, je vous invite à aller consulter les pages Wikia, très bien documentées.
Personnages masculins
Personnages féminins
La musique
Très gros point de la série, le soin et les moyens apportés à la musique. L’équipe a mêlé habillement les morceaux composés spécifiquement, ainsi que d’autres, sous licence, pour des scènes souvent importantes.
Dans certains cas des morceaux très populaires vont être compilés, je pense particulièrement à Yakuza 0. On retrouve des hits énormes des années 80, comme Get Wild de TM Network, Friends de Rebecca. Tous compilés dans le 80’s Hits Collection. Je vous conseille de l’écouter pour mieux vous imprégner de cette époque..
Yakuza 5 avait également bénéficié d’un budget relativement élevé pour acquérir Bloody Moon de Gospel of Judas, ainsi que d’autres titres compilés dans l’album Featured Songs. On trouve entre autres Kiyosuke Himuno, avec STILL THE ONE et Wild Romance, à la portée émotionnelle. Cela va cependant être une déception pour les versions occidentales, qui verront les morceaux sous licence remplacés par des « faits maison ». Certaines scènes vont perdre en caractère, ce qui est un peu dommage.
Des artistes indépendants moins connus mais tout aussi talentueux sont aussi de la partie, tel Hyd Lunch.
Comme toute grande série qui se respecte, les reprises de thèmes majeurs font occasionnellement leurs apparitions, je pense surtout à la mythique Receive You, qui a une magnifique version en guise de point d’honneur à ce que Nagoshi avait appelé la fin d’un cycle avec les crédits du 4ème opus. Elle aura aussi le droit à des remix divers techno/transe dans d’autres opus.
Il y a tellement de morceaux que je voudrais vous faire écouter que les placer ici est difficile. Voici quelques-unes de mes préférées.
Yakuza – Receive You
Yakuza 4 – Receive You ~ The Ballad
Yakuza 3 – Fly
Yakuza 4 – For Faith et ses reprises aux noms astucieusement choisis, Four Face, Four Faith, For Face.
Yakuza 5 – The Battle for the Dream
Yakuza 5 – Each of Their Dreams
Yakuza 5 – Konnan Janai!
Yakuza 0 – Reign
Yakuza 0 – Judgement
Yakuza 0 – Heart Break Mermaid
Yakuza Kiwami – Virtical Point
Yakuza Ishin – Dawn
Yakuza Ishin – Kill Bansha
Il y en a encore beaucoup d’autres, sans parler des chansons de karaoké entre autres.
Les mini-jeux
Autre gros point fort du jeu, et qui rappelle beaucoup Shenmue, ce sont les mini-jeux.
Fourre-tout ultime, on va avoir le droit aux jeux MegaDrive rétro aux Clubs SEGA, les jeux de casinos, les jeux d’argent japonais, l’un des meilleurs mahjong japonais disponible en jeu vidéo, le shogi (jeu d’échecs), le base ball, le bowling, les fléchettes (et son indispensable variante en étant saoul). Le 6ème opus embarque carrément Virtua Fighter 5 FS ! Voilà pour le classique, mais il y aussi les mini jeux exotiques, qui incarnent tout le coté décalé WTF assumé de la série.
Les courses de voitures télécommandées, le cat fight, et surtout le dance battle de Yakuza 0. La parodie de Mushiking : The King of Beetles de Kiwami, avec des demoiselles sexy en cosplay d’insectes, s’affrontant dans un catch basé sur le shifumi. Des jeux de drague, comme dans Yakuza Ishin avec une geisha avec qui l’ont doit picoler, puis affronter au shifumi, pour finir la nuit avec elle. Ou les mythiques centres de rencontre à téléphones roses des années 80, où l’on doit essayer de draguer une inconnue en choisissant les bonnes réponses et espérer obtenir un rendez-vous avec elle, et finir au quartier des love hotels…
Yakuza 0 va aussi mettre en place un jeu, qui tourne autour des missions secondaires, où il va falloir racheter les boutiques de Kabukicho afin de prendre le contrôle des quartiers, et gérer les managers afin de générer de l’argent.
Yakuza 6 propose le « clan creator ». Visiblement il faudra fonder son clan, grossir son armée et contrôler les secteurs.
La technologie
Je voulais parler brièvement de ce point. Les 2 premiers opus PS2 avec le moteur Ogre n’étaient pas si impressionnants que ça, avec des caméras fixes aériennes, en particulier le 1er et ses chargements récurrents à chaque écran. Il faut aussi noter qu’ils sont sortis en 2005-06, alors que la nouvelle génération de console arrivait. Il faudra attendre la PS3 avec Kenzan, qui semble faire office de prototype pour le nouveau moteur Magical-V, afin d’avoir un jeu à la 3ème personne traditionnel. SEGA va par ailleurs à ce moment-là beaucoup mettre en avant tout son savoir-faire dans les animations faciales lors de diverses conférences.
Ce moteur sera utilisé pour tous les opus jusqu’à Yakuza Of the End, lequel le poussera à bout. Yakuza 5 va inaugurer un nouveau moteur, nommé Devil, qui exploitera beaucoup mieux les ressources de la PS3, et produira l’un des plus beaux jeux de la PS3. Celui-ci sera porté sur PS Vita pour les companion app de Ishin et Zero, et PS4 pour Ishin, Zéroet Kiwami. Ces 2 derniers évolueront dans la direction de la PS4, permettant entre autres un meilleur rendu tout en gardant les 60 images par secondes, mais la PS3 elle en souffrira.
Enfin Yakuza 6, plus grosse évolution technologique de la série, adopte un véritable moteur taillé pour la PS4 nommé Dragon Engine. Pour la première fois on peut explorer la ville, rentrer dans plein de bâtiments, le tout sans aucun écran de chargement. Ceci d’ailleurs participe beaucoup plus à l’immersion je trouve, explorer les étages des bâtiments et découvrir des boutiques. Quelque chose qui a surement marqué tous ceux qui sont allés au Japon. Le moteur embarque également les technologies Yebis 3, développé par Silicon Studio, et introduit des éclairages avancés et le brouillard volumétrique.
Le petit extra : les installations
J’ai gardé le meilleur pour la fin, les écrans d’installation sur PS3. Il s’agit probablement des seuls jeux qui feront regretter leur disparition. Depuis Yakuza 4, chaque opus avait une scène épique qui tournait en boucle pendant toute la durée du processus. C’est un vrai plaisir que d’aller les revoir sur Youtube. Les voilà tous !
Yakuza 4, Dead Souls, Five, Ishin, Zero, Kiwami
J’espère que ma passion pour cette série vous l’aura fait découvrir plus en détails et que cela vous a donné envie de vous y essayer.






















