Interview de Cédric Biscay en 2013

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Comme vous le savez nous avons eu la chance d’accueillir à deux reprises cet illustre créateur japonais qu’est Yu Suzuki en France. Et cela notamment grâce au travail d’une société dont nous avons déjà parlé à savoir Shibuya international et plus particulièrement son fondateur Cédric Biscay.

Lien vers le site de Shibuya International.

Au-delà de ça Cédric Biscay nous a également laissé plusieurs messages sur notre page Facebook afin de nous prévenir lorsque certaines légendes urbaines circulaient ou bien lorsque des personnes mal intentionnées voulaient se servir de la communauté Shenmue à des fins promotionnelles.

C’est précisément pour cette raison que nous avons contacté Monsieur Biscay et que nous lui avons demandé s’il aurait la gentillesse de nous accorder une interview, afin qu’il nous apporte des précisions sur la situation réelle autour de la licence Shenmue.

Cédric Biscay

Une interview qu’il a très gentiment acceptée et nous le remercions chaleureusement.

Dans un premier temps nous allons vous présenter brièvement Shibuya International, suivi ensuite de l’interview à proprement parlé.

Présentation de Shibuya International:
Shibuya International est une société qui existe depuis plus de 10 ans et dont le métier est de mettre en relation des personnes et des entreprises dans divers secteurs d’activité entre la France et le Japon.

Au sein de l’entreprise se trouve une équipe ayant une parfaite connaissance des cultures respectives des deux pays. Cette équipe est en relation constante avec les acteurs publics et privés des différents territoires et elle s’assure que les relations se passent pour le mieux avec le respect de la culture de chacun.

L’interview:
Bien sûr nous avons posé certaines questions auxquelles Monsieur Biscay ne pouvait pas véritablement répondre mais nous avons tout de même essayé. Bonne lecture.

1/ Peut-on dire que vous êtes un fan de Shenmue ?

Cédric Biscay : J’ai joué et terminé les deux épisodes Dreamcast en Japonais lors de leur sortie. J’ai ensuite vraiment pu comprendre l’histoire lors de la sortie européenne !
Depuis, comme des milliers de joueurs, j’attends la suite.
Les productions SEGA avaient à l’époque un certain cachet, c’est la raison pour laquelle j’ai toujours défendu les consoles comme la Saturn ou la Dreamcast qui méritaient un plus grand succès commercial.

2/ Avez-vous créé Shibuya International dans le but de faciliter les échanges culturels entre la France et le Japon ? ( Sachant que les français et les japonais sont très proches dans de nombreux domaines tels que les arts ou la culture etc ).

Cédric Biscay : Oui, selon moi les japonais et les français sont en fait assez proches mais ils ne se comprennent pas. Ceci va bien au-delà du simple problème de langue.
J’ai voulu proposer un outil permettant d’échanger tant en terme de business que de culture. Ça marche plutôt bien avec les gens ouverts d’esprit.

Étant passionné par les jeux-vidéo et le Cinéma, j’ai depuis créé Shibuya Productions qui aura la lourde tâche d’innover dans ces domaines. Le premier long métrage d’animation que nous préparons se nomme Windwalkers, c’est l’adaptation du roman à succès « La Horde du Contrevent ».
L’auteur Alain Damasio participe activement à l’aventure, Jan Kounen est à la réalisation et Marc Caro à la direction artistique.

Lien vers le site de Shibuya Productions.

3/ Shibuya International joue un rôle important dans les relations Franco-japonaises, est-ce vous qui avez contacté Yu Suzuki ou bien est-ce lui qui vous en a fait la demande ?

Cédric Biscay : Nous l’avons contacté.

4/ Comment avez-vous vécu « cette première » rencontre avec Suzuki-san ?

Cédric Biscay : Se retrouver dans la même pièce que la personne qui est à l’origine de révolutions ludiques comme Out Run, Virtua Fighter et Shenmue pour ne citer que celles-ci est forcément un plaisir.

5/ Auriez-vous quelques anecdotes à nous raconter sur ce qu’il s’est passé en coulisse lors de sa venue pendant le TGS 2011 et le MAGS 2013 ?

Cédric Biscay : Lors du TGS, ce qui me vient en premier à l’esprit ce sont les parties de billard endiablées jusqu’au bout de la nuit avec Michel Ancel et Ernie Hudson ( SOS Fantomes ). Suzuki-san est plutôt fort à ce jeu tandis que Michel faisait tout pour le déconcentrer.

C’est un excellent souvenir entre gens simples et de bonne compagnie.

Un autre fait marquant c’est le très grand respect de Katsuhiro Harada envers Suzuki-san. Plusieurs fois il m’a remercié de lui avoir donné la chance de pouvoir le rencontrer dans ces conditions.

Je conseille également à tout le monde de retrouver sur le web la vidéo ou l’on peut voir le match incroyable entre Harada-san et Suzuki-san sur Tekken et Virtua Fighter.

Le MAGS fourmille d’anecdotes car c’est un évènement directement organisé par ma société. J’ai passé plusieurs soirées en mode James Bond avec Suzuki-san à écumer les casinos de la place à la recherche de bonnes tables de Black Jack.

En fait les soirées étaient sur le même modèle : Repas gargantuesques agrémentés d’excellents vins en compagnie d’autres invités puis lorsque tout le monde fatiguait, direction le Casino.
Le simple fait de réunir des gens aussi exceptionnels que Michel Ocelot, Go Nagai, Yoshitaka Amano, Akino Arai et Yu Suzuki dans un même lieu restera en soit un moment inoubliable.

À noter que Kavinsky a obtenu une dédicace de Suzuki-san à cette occasion.

Vidéo avec Suzuki-san et Harada-san.

6/ Vous a-t-il dit quelque chose qui vous a marqué ?

Cédric Biscay : Il m’a dit tout un tas de choses très marquantes que je ne peux que garder pour moi, cependant, il m’a montré des photos ou il était avec Michael Jackson, George Lucas et d’autres avec Steven Spielberg ( accompagné de son fils ).

La popularité de Yu Suzuki et la toute puissance du SEGA de la grande époque se rappelaient tout à coup à moi.

Yu Suzuki Steven Spielberg
Photo de Yū Suzuki en compagnie de Steven Spielberg et son fils

7/ Sur notre page Facebook vous avez eu la gentillesse de nous préciser ceci « Yu Suzuki est bien entendu au courant des opérations du type Kickstarter mais comme indiqué dans l’article, la licence appartient à SEGA qui n’envisage pas cette option et qui ne lâchera pas cette licence sans contrepartie. « . Pourriez-vous nous apporter des précisions à ce sujet et sur les conditions que SEGA impose ?

Cédric Biscay : Je ne peux évidemment pas trop communiquer là-dessus. En fait cette intervention à un instant T visait principalement à défendre Yu Suzuki qui n’est pas idiot et qui a bien entendu conscience de l’existence de Kickstarter.

Depuis, les choses évoluent même si je ne peux rien vous confirmer.

8/ Une autre de vos précisions je cite « Cher Shenmue Master, il y a trop de fake buzz concernant Yu Suzuki sur la scène Internationale Shenmue ces temps-ci. Les seules choses réelles sont la réflexion autour d’une partie seulement du financement via Kickstarter et la volonté de Yu Suzuki de trouver des solutions et partenaires crédibles pour sortir le jeu et convaincre SEGA. »

En effet malgré la volonté des fans, une opération Kickstarter ne serait sans doute pas suffisante pour financer un projet tel que Shenmue, pouvez-vous nous dire si Suzuki-san est en pourparler avec d’autres partenaires et si oui lesquels ?

Cédric Biscay : Là encore, je me dois de revenir sur l’origine de cette remarque. Je voulais dénoncer l’instrumentalisation de Suzuki-san par la GDC à des fins promotionnelles.
En effet, il faut se souvenir qu’il a rencontré Mark Cerny lors d’un simple cocktail et qu’ils ont simplement parlé architecture de consoles car Mark Cerny est en charge de la PS4 et Suzuki-san s’occupait entre autre de la Dreamcast.

Le Tweet de l’organisatrice insinuant des échanges autour de Shenmue avait pour simple but de créer un buzz en utilisant les nombreux fans de la licence.
Je n’ai rien d’un vengeur masqué, mais étant moi-même “fan” à mon échelle de cette saga, je ne pouvais pas laisser passer cela.

Suzuki-san est le seul à décider de ses partenaires et il a tout à fait conscience que Kickstarter ne saurait être suffisant pour le financement.

La news qui parle de la rencontre entre Marc Cerny et Suzuki-san.

9/ Yu Suzuki a-t-il évoqué les différentes possibilités qu’il envisage pour poursuivre cette magnifique aventure qu’est Shenmue ?

Cédric Biscay : Oui, mais je ne peux rien dire pour le moment.

10/ Pensez-vous que Suzuki-san a un attachement particulier pour l’oeuvre Shenmue, est-ce un projet qui lui tient particulièrement à coeur ?

Cédric Biscay : Shenmue c’est presque l’oeuvre d’une vie pour Suzuki-san.
Il est donc très prudent, et cette prudence peut laisser penser de l’extérieur à un certain détachement mais ce n’est absolument pas le cas.

11/ D’après vous pour quelles raisons ne peut-il pas nous parler de Shenmue 3 à l’heure actuelle ?

Cédric Biscay : Contrairement à ce que je peux entendre et voir ici et là, il faut savoir que Suzuki-san est toujours chez SEGA en tant que conseiller même s’il n’a pas le statut de salarié.

Il est évident qu’il est soumis par contrat à la plus grande discrétion sur les IP appartenant à la société.

12/ Comment a-t-il réagit face à l’accueil très chaleureux des fans lors du Toulouse Game Show hors caméra ? Je pense notamment à l’ovation lors de la conférence du TGS 2011 et ce chant d’anniversaire très touchant pour les 10 ans de Shenmue II.

Cédric Biscay : Il était aux anges, ça l’a vraiment touché.

13/ Suzuki-san vous a-t-il parlé de ce que les fans pourraient faire pour l’aider à débloquer la situation concernant Shenmue ? Ou de ce que nous pourrions faire pour qu’il puisse récupérer cette fameuse license Shenmue.

Cédric Biscay : Le moment venu, il faudra montrer que vous aimez VRAIMENT Shenmue.
Récupérer totalement la licence n’est pas possible et il est aisé de comprendre pourquoi ( investissements lourds de SEGA etc ) , mais la vie est faite de compromis.

Il ne faut pas voir SEGA comme l’ennemi de la licence mais plutôt comme une entreprise qui souhaite tout simplement et normalement un retour sur investissement.

14/ Souhaiteriez-vous nous parler de quelque chose en particulier ou d’un élément qui vous tient à cœur concernant la venue de ce grand créateur japonais en France ?

Cédric Biscay : Je souhaite juste dire que l’espoir n’est pas vain. Lorsque les différents éléments s’imbriqueront parfaitement, nous aurons la suite de Shenmue.

15/ Pensez-vous que nous aurons la chance de revoir Yu Suzuki en France prochainement ? ( par votre intermédiaire )

Cédric Biscay : Comme vous le savez peut-être, Suzuki-san ne se déplace jamais lors d’événements pour le grand public, il a fait 2 exceptions suite à mes 2 invitations et j’en suis très satisfait.

J’aimerais que la prochaine fois qu’il vienne, il annonce ce que nous attendons tous.

Merci beaucoup pour cette interview. Si vous en avez l’occasion pourriez-vous dire à Suzuki-san que toute la communauté Shenmue l’apprécie énormément et que nous serons toujours là pour le soutenir.

Cédric Biscay : Très bien, je le ferai.